Retour sur l'événement l'Eau en Boucle

20% de l'eau potable en France est utilisée pour nos toilettes… et la moitié des départements français sont déjà en état de crise sur la ressource en eau potable.

C'est à partir de chiffres aussi incroyables que l'ONG Bleu Versant, Matahagri et plusieurs acteurs locaux et d'horizons géographiques mais également d'échelle d'entreprise variée ont choisi de témoigner, échanger dans le cadre de cette journée sur le cycle de l'eau, de l'azote dans une boucle fertile autour de la ressource, de l'humain, de la planète, le tout dans une atmosphère proprice à l'ouverture de perspectives et de voies alternatives.

Comme un écho, deux ans après la journée EQUATION qui avait pour invité Fabien Esculier, chercheur au LESU, à l'école des Ponts et Chaussées à Paris et directeur du programme OCAPI, cette journée avait pour but de présenter son nouvel ouvrage : "Une autre histoire des excréments" et retracer le rapport à l'eau dans les sociétés humaines.

Plus qu'une révolte ou une révolution, Fabien Esculier prône une stratégie interstitielle et c'est précisément de ces interstices qu'il s'agit avec l'histoire de notre territoire.

 

Intervenu il y a deux ans auprès du Plan Alimentaire de Territoire, du monde agricole puis du monde batimentaire, Fabien a pu constater avec enthousiasme l'énergie mobilisatrice et communicative des acteurs du territoire, depuis le monde de l'événementiel jusqu'à celui des grands groupes.

Un mot d'ordre : lever les freins, et donner envie afin de déclencher des prises de consciences collectives. 
Changer le fond sans changer les habitudes afin d'agir sur les freins liées à l'imaginaire.

L'enjeu aujourd'hui serait de passer à moyenne échelle, et pour cela, la stratégie interstitielle se révèle idéale car permettant une "finesse d'inventivité adaptée aux contextes territoriaux"

La sémantique est essentielle…

 

Et oui, toilettes sèches suscite un imaginaire négatif, toilettes sans eau ou écologique, nettement moins.
D'autant que les modèles s'apparentent désormais à des équipements conventionnels et que leur implantation peut également être adaptée en rénovation ou par étape progressive (mise en place de sanitaires sans eau raccordées au réseau d'EU ou reliée à un système d'assainissement écologique avec ou sans séparation.

Alors rien de mieux que les partages d'expériences de maitrises d'ouvrages qui ont osé : la Petite Lune pour l'événementielle, l'IUT pour l'installation en interne d'urinoirs secs, Orange pour l'installation de toilettes sans eau ou des projets de quartiers ou d'école qui se développe en France et émergent dans les esprits des acteurs locaux.

 

Au cœur de la dynamique de changement, l'accompagnement des transitions par la démonstration.

Et c'était tout l'objet de cette journée, que ce soit à travers les explications de Matahagri sur le volet agricole ou la technique des toilettes sans eau ou à séparation avec en filigrane, un point central :

La transition agricole avec une suppression totale des engrais de synthèse induirait un remplacement à 2/3 par des engrais verts et 1/3 par des excretats humains (azote naturel). 
Le changement est possible. Le développement de filière, un impératif. 
Matahagri et les acteurs du territoires en sont la preuve qui ne demande qu'à changer d'échelle.

Le but n'est pas d'installer un toilette sans eau mais bien de développer des filières à l'échelle des territoires, dans une approche holistique à la ressource, à la santé et à l'impact de nos décisions.

Comment rendre ces changements désirables ? Par l'évocation de notre capacité à refuser les aberrations statistiques, en montrant qu'une autre manière est possible sans changer les habitudes, en rassurant ? 
Par l'exemple nous dira Cécile Jolas, ce qu'Odéys ne peut que saluer :)

 

Pour en savoir plus : 

Projet de recherche-action : Programme OCAPI

Projet de recherche-action : SobriEau qui a pour objet de réduire l'utilisation d'eau dans les bâtiments et sur leur parcelle.

 

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