[RETOUR EN IMAGES] sur l'événement l'Eau en Boucle
Retour sur l'événement l'EAU en BOUCLE du 12 Juin dernier à la Rochelle
20% de l'eau potable en France est utilisée pour nos toilettes…
et la moitié des départements français sont déjà en état de crise sur la ressource en eau potable.
C'est à partir de ces chiffres aussi que l'ONG Bleu Versant, Matahagri et plusieurs acteurs locaux et d'horizons géographiques mais également d'échelles d'entreprise variées, ont choisi de témoigner, échanger dans le cadre de cette journée sur le cycle de l'eau, de l'azote dans une boucle fertile autour de la ressource, de l'humain, de la planète, le tout dans une atmosphère proprice à l'ouverture de perspectives et de voies alternatives.
Comme un écho, deux ans après la journée EQUATION qui avait pour invité Fabien Esculier, chercheur au LEESU, (Laboratoire Eau Environnement, Systèmes Urbains) à l'école des Ponts et Chaussées à Paris et directeur du programme OCAPI, cette journée avait pour but de présenter son nouvel ouvrage : "Une autre histoire des excréments" et retracer le rapport à l'eau dans les sociétés humaines.
Plus qu'une révolte ou une révolution, Fabien Esculier prône une stratégie interstitielle.
Et c'est précisément de cela qu'il s'agit sur le territoire rochelais, avec la floraison d'initiatives ponctuelles mais liées, qui débutent un maillage qui ne demande qu'à changer d'échelle.

Intervenu il y a deux ans auprès du Plan Alimentaire de Territoire, du monde agricole puis du monde bâtimentaire, Fabien a pu constater avec enthousiasme l'énergie mobilisatrice et communicative des acteurs du territoire, depuis le monde de l'événementiel jusqu'à celui des grands groupes.
Un mot d'ordre : lever les freins, et donner envie afin de déclencher des prises de consciences collectives.
Ou comment changer le fond sans changer les habitudes afin d'agir sur les freins liées à l'imaginaire.
L'enjeu aujourd'hui serait de passer à moyenne échelle, et pour cela, la stratégie interstitielle se révèle idéale car permettant une "finesse d'inventivité adaptée aux contextes territoriaux"
La sémantique est essentielle…

Et oui, le terme de "toilettes sèches" suscite un imaginaire négatif, "toilettes sans eau" ou "écologique", nettement moins. Un constat à méditer donc...
D'autant que les modèles s'apparentent désormais à des équipements conventionnels et que leur implantation peut également être adaptée en rénovation ou par étape progressive (mise en place de sanitaires sans eau raccordées au réseau d'EU ou reliée à un système d'assainissement écologique avec ou sans séparation.
Alors rien de mieux que les partages d'expériences de maitrises d'ouvrages qui ont osé : la Petite Lune pour l'événementielle, l'IUT pour l'installation en interne d'urinoirs secs, Orange pour l'installation de toilettes sans eau ou des projets de quartiers ou d'école qui se développe en France et émergent dans les esprits des acteurs locaux.

Au cœur de la dynamique de changement, l'accompagnement des transitions par la démonstration.
Et c'était tout l'objet de cette journée, que ce soit à travers les explications de Matahagri sur le volet agricole ou la technique des toilettes sans eau ou à séparation avec en filigrane, un point central :
La transition agricole avec une suppression totale des engrais de synthèse induirait un remplacement à 2/3 par des engrais verts et 1/3 par des excrétas humains (azote naturel).
Le changement est possible. Le développement de filière, un impératif.
Matahagri et les acteurs du territoires en sont la preuve qui ne demande qu'à changer d'échelle.
Le but n'est pas d'installer un toilette sans eau mais bien de développer des filières à l'échelle des territoires, dans une approche holistique à la ressource, à la santé et à l'impact de nos décisions.
Comment rendre ces changements désirables ? Par l'évocation de notre capacité à refuser les aberrations statistiques, en montrant qu'une autre manière est possible sans changer les habitudes, en rassurant ?
"Par l'exemple" nous dira Cécile Jolas, ce qu'Odéys ne peut que saluer :)
Retour sur la journée Equation du 15 Janvier 2024. "L'économie Circulaire commence dans nos toilettes"
Pour en savoir plus :
Projet de recherche-action : Programme OCAPI
Projet de recherche-action : SobriEau qui a pour objet de réduire l'utilisation d'eau dans les bâtiments et sur leur parcelle.
Le projet SobriEau, lauréat de l’appel à projets France 2030 Innov’Eau de l’Ademe, s’inscrit dans une démarche ambitieuse : réduire l’utilisation de l’eau dans les bâtiments existants et sur leur parcelle. En combinant sobriété, efficacité et réutilisation de l’eau, SobriEau explore des solutions innovantes pour répondre aux enjeux croissants de raréfaction de la ressource en eau, qui touche désormais des territoires toujours plus nombreux.
Porté par le Cerema, AgroParisTech Innovation et l’École Nationale des Ponts et Chaussées, ce projet de recherche-action s’étend sur 4 ans (2025-2029). Il repose sur 60 bâtiments démonstrateurs, sélectionnés pour étudier les aspects techniques et humains de la mise en œuvre de ces solutions sur 3 territoires pilotes, Angers Loire Métropole, La Communauté d’Agglomération de La Rochelle et Valences Romans Agglo. L’objectif ? Optimiser l’usage de l’eau dans le parc bâti existant, qui représentera 70 à 80 % du parc immobilier en 2050, et proposer des méthodes reproductibles pour massifier ces économies d’eau.Vous souhaitez inscrire votre logement parmi les 10 logements démonstrateurs sur le territoire de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle, vous pouvez contacter Elisa Favreau à l’adresse mail suivante : elisa.favreau@cerema.fr "
